«Nul en effet ne sait ce qu'est la mort, ni si par hasard elle n'est pas pour l'homme le plus grand des biens ; mais on la redoute comme si on ne savait pertinemment qu'elle est le plus grand des maux. Comment ne pas voir la cette ignorance qu'il faut stigmatiser, celle qui consiste à croire que l'on sait ce que l'on ne sait pas ? Ensuite en ce qui me concerne, MM., Voici probablement en quoi je me distincts sur ce point de la plupart des autres hommes : si je devais me prétendre plus savant qu'un autre en quelque chose, ce serait ceci que, n'en sachant pas assez sur ce qui advient dans l'Hadès, j'ai bien conscience aussi de ne pas le savoir. Mes commettre une injustice et désobéir un meilleur que soi, dieu ou homme, cela je sais que c'est mauvais et honteux. Jamais donc je ne redouterai ni ne fuirai ce qui, sait-on jamais, et peut-être un bien, avant un mal dont je sais qu'il est un mal.» Platon, L'apologie de Socrate, paragraphe 20a |